Photobiomodulation : Une thérapie prometteuse pour la neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie (NPIC)
- Jana Drnkova
- 3 mars 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 8 avr.
La neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie (NPIC) constitue un défi majeur pour de nombreux patients atteints de cancer en cours de traitement. Cette affection peut entraîner douleur, engourdissement et perte de mobilité, affectant considérablement la qualité de vie. Des recherches récentes suggèrent cependant une lueur d’espoir grâce à la thérapie par photobiomodulation (PBM), également connue sous le nom de thérapie à la lumière rouge. Cette approche innovante utilise une lumière rouge infrarouge à faible intensité pour stimuler la régénération cellulaire et pourrait atténuer les symptômes de la NPIC.
Une étude prometteuse
Lors du Congrès de l’Académie européenne de neurologie (EAN) 2023, Marithé Claes, MSc, doctorante à l’Université de Hasselt (Belgique), a présenté une étude explorant l’effet de la PBM sur la NPIC. Claes a rappelé que près de 68 % des patients recevant une chimiothérapie cytotoxique souffrent de neuropathie périphérique. Les traitements conventionnels, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), offrent un soulagement limité et s’accompagnent souvent d’effets secondaires, laissant un vide thérapeutique important.
La PBM agit en stimulant l’activité mitochondriale, augmentant la production d’adénosine triphosphate (ATP) et modulant les composants cellulaires impliqués dans la régénération nerveuse. Dans l’étude de Claes, 60 patients atteints de NPIC post-chimiothérapie ont été randomisés pour recevoir différentes doses de PBM. Les résultats ont montré des améliorations significatives des scores de neuropathie et de la mobilité, évaluées par le test de marche de 6 minutes, tant pour les doses faibles que pour les doses élevées.
Scepticisme et limites
Malgré ces résultats encourageants, certains experts restent prudents. L’absence de groupe placebo dans l’étude soulève des questions sur l’attribution des effets uniquement à la PBM. Gianfranco De Stefano, MD, de l’Université Sapienza de Rome, a souligné la nécessité de groupes comparatifs pour valider les conclusions. Claes a mentionné un essai pilote antérieur incluant un bras placebo, qui avait montré des résultats positifs tout en révélant les limites de la PBM pour la NPIC pendant une chimiothérapie active.
Perspectives et besoins futurs
Claes a également insisté sur la nécessité d’études à plus grande échelle et de suivis prolongés pour affiner les paramètres de la PBM et mieux comprendre pourquoi certains patients bénéficient davantage que d’autres. La satisfaction des participants, bien que modérée, souligne le potentiel de cette thérapie, en particulier chez ceux ayant ressenti une amélioration notable des symptômes.
Conclusion
La thérapie par photobiomodulation représente une avenue prometteuse pour la gestion de la NPIC. Toutefois, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer son efficacité et déterminer les protocoles optimaux. Une collaboration étroite entre chercheurs, cliniciens et patients sera essentielle pour exploiter pleinement le potentiel de cette approche novatrice. Alors que le traitement du cancer reste complexe, la PBM offre un espoir tangible pour améliorer la qualité de vie des patients confrontés à la neuropathie périphérique.
Avertissement : Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas un avis médical. Les patients doivent consulter leur professionnel de santé avant de débuter tout nouveau traitement.cessaires. Des efforts collaboratifs entre chercheurs, cliniciens et patients sont essentiels pour démêler les subtilités de cette approche novatrice et exploiter son plein potentiel thérapeutique. Alors que nous naviguons dans les complexités du traitement du cancer, la photobiomodulation se présente comme un phare d'espoir, éclairant le chemin vers une meilleure qualité de vie pour les patients atteints de cancer luttant contre la neuropathie périphérique.




Commentaires